L’amour ne s’adresse pas qu’à des gens. On peut aimer des choses. Chacun peut faire son inventaire à la Prévert des ces choses aimées. Et si je jette un œil sur ces passions souvent non dites à quoi puis-je penser ?
Aux livres en premier. J’aime le contenu, mais aussi la matière, ce qui me rend sourd à toute version électronique où virtuelle. Mon âge certainement.
En deux, les stylos, pourtant j’écris manuellement de plus en plus rarement, et j’ai une affection particulière pour les stylos feutres noirs de marque Paper Mate, parce qu’ils écrivent épais, que je suis gaucher, et donc doté d’une écriture patte de mouche.
En trois, mon Apple Ibook, que j’aime tellement que je ne l’utilise que rarement, parce que j’aime l’objet et que je ne veux pas l’abîmer.
En quatre, ça se complique, derrière le trio de tête qui se détache nettement arrive un peloton groupé qui déclenche moins de « passion » chez moi. En quatre donc, mes bouteilles de parfum, je n’en mets pas un devant l’autre, j’en ai toujours plusieurs dans la salle de bains, j’en change fréquemment, même si actuellement celles (je parle des bouteilles…) de L’Artisan Parfumeur se détachent.
En cinq mon disque dur portatif, plus parce qu’il est indispensable que pour sa beauté, mais c’est un compagnon quotidien, et sans lui je serais au plus mal.
En six, elle est toute récente, mais elle grimpe au hit-parade, ma console wii, parce que je suis un joueur dans l’âme, et qu’ils ont fait là un joli petit objet qui bâille en bleu lorsqu’elle est en veille (je sais il faut éteindre si l’on veut préserver notre terre pour la léguer à nos enfants !).
En sept, flûte, nouveau trou, j’aime bien ces verres à vin basque.
En huit j’opte pour mon rasoir à lame avec un petit moteur électrique qui rend le rasage tellement plus doux, mais la mousse y est aussi pour quelque chose.
En neuf, mes carnets, j’en ai beaucoup, j’adore particulièrement les « moleskine » ressortis il y a peu, dans tous les formats, je les utilise pour mes réunions, ce qui me permet d’utiliser le feutre noir, et de penser qu’un jour dedans j’écrirais un chef d’œuvre.
Et en dix, j’arrête là parce que les autres objets me sont tous plus ou moins indifférents, alors le choix du dixième devient significatif, en dix donc, j’hésite, ce n’est plus une question de passion, peut-être de routine habituelle, où juste quelque chose qui me rassure mais que j’ai toujours sur moi, c’est mon appareil photo numérique, un Sony Cybershot de 6 mégapixels, il a deux ans, avec un objectif Carl Zeiss Vario-Tessar (c’est mon côté snob !), ce que j’aime chez lui ce sont ses gros plans, et sa macro, et surtout, il ne m’a jamais fait défaut, sauf un jour où il faisait -20° à Montréal et où j’ai bien cru qu’il était mort, mais il s’en est remis !
Finalement voilà bien une liste inutile, au moins en apparence, mais honnêtement, sans ces objets je trouverais la vie plus triste, alors je les aime, d’un amour raisonnable et honnête, pour certains de manière plus perverse, et pour quelques-uns d’un amour secret inavouable qui tient une place importante.
